Régime des écoles de plein air avec demi-internat

 

Circulaire du 16 janvier 1957

Abrogée par la circulaire de simplification administrative n° 2009-185 du 7 décembre 2009.

Premier degré : 3ème bureau ; Service de santé scolaire et universitaire

 

Introduction

L’attention des services académiques et des services extérieurs de la Direction du service de santé scolaire et universitaire a été attirée (circulaire du 27 janvier 1956) sur la situation et le régime des lycées climatiques ou de grand air et le choix des internes qu’il convient d’adresser à ces établissements d’enseignement du second degré.

Parallèlement, la présente circulaire appelle spécialement l’attention de MM. les Inspecteurs d’académie, des médecins et assistantes du service de santé scolaire et universitaire, et généralement de tous les services intéressés du ministère de l’Éducation nationale, sur le rôle dévolu aux écoles de plein air qui comportent un demi internat.

Ce rôle important s’insère dans une politique générale qui tend à donner à tout enfant déficient physique ou psychique les conditions de scolarité les mieux appropriées à son état.

 

I. Régime général des écoles de plein air avec demi-internat

Il s’agit d’établissements d’enseignement primaire qui reçoivent, en demi-internat, certains enfants, déficients, et les font bénéficier d’un régime spécial de vie et de scolarité.

Par leur situation au milieu d’un jardin ou d’un parc, leur ensoleillement, leur construction, leur chauffage, leur aération, etc., ces établissements, conçus pour l’amélioration de la santé des enfants, doivent répondre pleinement aux exigences d’hygiène.

L’alimentation

Elle est l’objet des plus grands efforts. Tous les enfants prennent leur repas de midi à l’école. Ils doivent bénéficier, pour un prix modique, d’un déjeuner équilibré et bien présenté. Des suppléments de lait ou des jus de fruits leur sont généralement distribués. Des régimes particuliers peuvent être établis sur les indications du médecin.

La sieste

Compte tenu de leur âge et de leur degré de déficience, les enfants sont astreints à une sieste d’une heure ou d’une heure et demie après le repas de midi. Ce repos facilite l’assimilation et favorise le travail scolaire.

Hydrothérapie

Les élèves ont le bénéfice d’une douche quotidienne.

 

II. Recrutement des enfants ; durée de leur séjour à l’école de plein air

Indications médicales

Les principales indications sont les suivantes :

  • Déficience de l’état général : retard de développement physique, asthénie, amaigrissement consécutif à une maladie infectieuse grave, lymphatisme, adénopathie non tuberculeuse ;
  • Primo-infection sans manifestations cliniques (simple virage de test tuberculinique) ou avec signes mineurs ne nécessitant pas le placement en établissement de cure ;
  • Enfants sortant de préventorium ou de postcure, considérés comme guéris et non contagieux ;
  • Enfants atteints d’affections telles que légers troubles cardiaques, fragilité des voies respiratoires supérieures, d’états allergiques divers, etc.

Indications médico-sociales

Enfants à séparer, au moins dans la journée, d’un milieu social ou familial nuisible à leur éducation et à leur santé.

Contre-indications

Affections incompatibles avec le maintien en collectivité scolaire, et notamment la tuberculose. Les écoles de plein air ne sont pas des établissements de cure.

Instabilités psycho-motrices et troubles caractériels, à l’exception des cas justifiés par une déficience physique que l’école de plein air est en mesure de traiter.

Procédure d’admission

Lors des visites médicales des enfants dans les écoles, quelle que soit l’époque de l’année à laquelle elles ont lieu, le médecin du service de santé scolaire, secondé par son assistante et son infirmière ou adjointe, dépiste les enfants déficients pour lesquels un séjour à l’école de plein air paraît indiqué. Ceux-ci peuvent être également signalés par les médecins de famille, les assistantes sociales, les instituteurs.

Le directeur de l’école communale transmet à son collègue de l’école de plein air des dossiers des enfants dépistés.

L’admission est définitivement prononcée après l’examen de l’enfant par le médecin attaché à l’école de plein air.

Ramassage

Il est fortement recommandé, étant donné le rayon d’action assez étendu des écoles de plein air. Les élèves sont d’abord rassemblés en certains points le matin (écoles du quartier par exemple), conduits à l’école de plein air et ramenés en fin d’après-midi aussi près que possible de leur foyer.

Durée du séjour

Elle est déterminée par le médecin et ne coïncide pas nécessairement avec l’année scolaire.

C’est aussi le médecin, aidé par le directeur de l’établissement, qui arrête, plus particulièrement en fin d’année, la liste des enfants aptes à reprendre une vie scolaire normale. Avant cette décision, les contacts nécessaires sont pris éventuellement avec les services qui ont adressé l’enfant à l’école de plein air. Le directeur de l’école de plein air informe d’une part la famille, d’autre part le directeur de l’école communale qui doit recevoir l’enfant rendu à une école ordinaire.

 

III. Le contrôle médical

Les enfants sont soumis à un contrôle médical fréquent. Les plus déficients font l’objet d’une surveillance particulière. Une infirmière est attachée en permanence à l’école ; des séances de rayons ultraviolets, d’aérosols peuvent être prescrites ; le matériel nécessaire doit être prévu. Le médecin est chargé de donner toutes les indications utiles en vue de l’éducation physique ou de la rééducation de chaque enfant (maintien, exercices appropriés). Une installation matérielle adéquate est indispensable.

 

IV. L’organisation de l’enseignement

Les classes d’une école de plein air ne doivent jamais accueillir plus de vingt-cinq élèves ; ainsi les maîtres qui les dirigent peuvent donner à chaque enfant un travail adapté à ses possibilités physiques et à ses aptitudes.

L’essentiel des programmes officiels demeure respecté et les élèves doivent être préparés aux divers examens de l’enseignement du premier degré.

Des expériences très heureuses ont été réalisées dans diverses régions, et notamment dans les grandes banlieues des agglomérations industrielles.

Nous souhaitons que les collectivités s’inspirent de telles créations et n’oublient pas que la conversion en demi-internats de plein air de certaines écoles à faibles effectifs peut être envisagée.

Les autorités académiques, les médecins du service de santé scolaire et universitaire doivent joindre leurs efforts pour informer les collectivités et les comités départementaux des constructions scolaires des bénéfices que les enfants déficients peuvent attendre, à la fois au point de vue physique et au point de vue éducatif, des écoles de plein air avec demi-internat.


 

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Daniel Calin © Tous droits réservés Dernière révision : jeudi 14 janvier 2010 – 19:10:00