Fonctionnement des écoles de plein air avec demi-internat

 

Circulaire n° 75-123 du 17 mars 1975

B.O. n° 12 du 27 mars 1975

Texte adressé aux recteurs et aux inspecteurs d’académie.

 

Introduction

La présente circulaire a pour objet de compléter et de modifier les instructions du 16 janvier 1957 relatives au fonctionnement des écoles de plein-air avec demi-internat.

 

I – Régime général et finalités

Les écoles de plein-air avec demi-internat accueillent, pour une durée limitée, des enfants dont l’état de santé rend souhaitable la mise en œuvre de précautions particulières. Celles-ci concernent :

L’environnement

L’école est située dans une zone verte et calme. Elle bénéfice de conditions microclimatiques aussi favorables que possible, d’une bonne aération et d’un bon ensoleillement.

L’équipement

Les modalités de construction, d’orientation, de chauffage, d’aération doivent être particulièrement favorables. Des installations permettant l’hydrothérapie, la sieste, les exercices physiques et rythmiques, la décontraction, les rééducations individuelles, sont prévues.

L’alimentation des élèves

Des soins particulièrement attentifs sont apportés à l’hygiène alimentaire et à la diététique. Il est tenu le plus grand compte des problèmes particuliers posés par certains enfants (troubles de l’appétit, régimes alimentaires...).

L’organisation pédagogique

Accueillant pour un durée limitée des enfants que des problèmes de santé ont souvent perturbés, rendus plus fatigables, contraints à des absences répétées, l’école doit, plus qu’une autre, s’organiser en tenant le plus grand compte des différences concernant les niveaux, les rythmes individuels, l’affectivité. Elle doit faire face au délicat problème qui consiste à viser en même temps l’efficacité immédiate et le réentraînement à la vie scolaire en milieu normal.

À cette fin, chaque classe de l’école est confiée à un maître spécialisé titulaire du C.A.E.I. (option déficients physiques en règle générale ou autres options dans les cas où certaines classes sont constituées par des élèves souffrant en outre d’un autre handicap).

Dans toute la mesure du possible, l’école de plein-air bénéficie de l’aide d’un groupe d’aide psychopédagogique qui constitue avec les maîtres de l’école, le médecin de santé scolaire et l’assistante sociale scolaire, l’équipe éducative de l’école. Cette équipe éducative établit des liaisons étroites avec les familles. Des réunions de synthèse permettent à l’équipe de procéder à de fréquentes concertations.

Le rythme d’activité des classes de plein-air doit tenir le plus grand compte des possibilités physiques, des caractéristiques particulières et de la fatigabilité des enfants. Leur vie scolaire est aménagée de telle façon que les temps de repos ou de sieste nécessaires à certains enfants trouvent leur place dans l’emploi du temps de la journée.

La surveillance médicale

Le rôle essentiel de prévention de l’école de plein-air nécessite l’intervention fréquente de l’équipe médico-sociale scolaire. Celle-ci donne toutes indications utiles concernant la santé, l’alimentation et les besoins particuliers de chaque enfant. Le médecin de santé scolaire donne son avis sur les exercices physiques et sportifs auxquels les enfants peuvent se livrer et sur l’opportunité de leur participation éventuelle aux classes de neige ou de mer. Il est étroitement associé à la concertation.

 

II – Indications et contre-indications médicales à l’admission des élèves dans les écoles de plein-air

Indications :

Les élèves à accueillir sont ceux dont les troubles et atteintes nécessitent, pour une durée limitée, un séjour leur permettant une scolarité normale.

À ce titre on peut citer comme exemples :

  • les enfants achevant un séjour en hôpital ou en établissement sanitaire ;
  • les retards importants du développement physique ;
  • les affections qui, sans nécessiter un séjour en établissement hospitalier ou sanitaire et sans dépasser un certain seuil dans les troubles manifestés, rendent difficile une scolarité normale. Une énumération aurait ici le risque d’être incomplète, faute d’être exhaustive. Il semble préférable de donner une idée des critères qui doivent intervenir. Peuvent être considérés comme des indications :
  • les adénopathies, y compris les adénopathies tuberculeuses si elles ne sont pas fistulisées ;
  • les affections non tuberculeuses des voies respiratoires, telles que la dilatation des bronches, s’il n’y a pas expectoration importante ou l’asthme, s’il n’est pas décompensé ;
  • les maladies métaboliques telles que le diabète, s’il est bien contrôlé et sans lésions associées. Mais la maladie amyloïde ou la dyslipoïdose seront généralement des contre-indications ;
  • les affections cardiaques congénitales ou acquises compatibles sans danger avec les contraintes des transports et des activités scolaires ;
  • les séquelles d’interventions chirurgicales ;
  • les affections malignes en période de rémission ;
  • certaines néphropathies, certains troubles importants de la statique, certaines infirmités motrices cérébrales, etc.

Contre-indications :

  • toutes les affections contagieuses ou incompatibles avec la vie en collectivité scolaire ;
  • tous troubles importants du caractère ou du comportement, en particulier ceux qui se manifestent sous forme d’instabilité motrice ou d’agressivité.

 

III – Procédure d’admission des élèves

L’identification des élèves dont l’état rend souhaitable un séjour en école de plein-air est faite par la ou les commissions médico-pédagogiques dont la compétence couvre le territoire desservi, selon les indications données par la circulaire du 27 septembre 1965.

Les médecins du service de santé scolaire jouent un rôle essentiel dans le dépistage des élèves pour lesquels un placement de ce type est souhaitable.

L’admission définitive de l’enfant est prononcée par le directeur de l’école de plein-air.

La durée du séjour dépend de l’état de santé de l’enfant et ne coïncide pas nécessairement avec l’année scolaire.

Le médecin de santé scolaire chargé de l’école de plein-air, en accord avec le directeur propose la sortie de l’établissement, de préférence en fin d’année scolaire à la commission médico-pédagogique.

 

IV – Transport des élèves

La fréquentation de l’école de plein-air est grandement facilitée par l’organisation d’un transport d’élèves qui permet à des enfants d’un secteur relativement vaste de bénéficier des possibilités qu’elle offre. Il est recommandé de prévoir des points de rassemblement (écoles de quartier, par exemple) où les élèves sont regroupés le matin et ramenés en fin d’après-midi.

Il est à peine nécessaire de souligner que cette forme d’éducation spéciale se caractérise essentiellement par une accentuation de moyens et de précautions qui ne doivent pas être absents des écoles ordinaires. Les améliorations que celles-ci ont connues entraînent une atténuation des contrastes qui donnèrent à ses débuts toute son originalité à l’école de plein-air.

La relative généralisation d’un certain nombre de pratiques qui furent caractéristiques d’un véritable mouvement pédagogique ne doit pas faire oublier le rôle toujours actuel de cette structure dans la prise en charge temporaire d’enfants qui, à défaut, devraient être maintenus en milieu hospitalier ou à leur domicile.

C’est pourquoi il importait d’actualiser les directives données à leur sujet et de souligner par une unification des modes de recrutement, l’étroite cohésion qui doit exister entre toutes les structures d’éducation spéciale.

Le ministre de l’éducation,
René HABY

 

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Daniel Calin © Tous droits réservés Dernière révision : samedi 22 décembre 2007 – 12:00:00